Le blog

Rencontre avec Ophélie Boudimbou

Rencontre avec Ophélie Boudimbou

Ophélie Boudimbou

Kanika dans la cuisine de Mamie, Tome 1

Publishroom, 6 aout 2019

Illustrations Ama

 

 

 

 

 

Bonjour Ophélie, eau plate ou eau gazeuse ? Eau plate

Quel plat mangez-vous bien volontiers en ce moment ? Pas de plat essentiel mais plutôt un produit que je prends plaisir à cuisiner actuellement : le niebé. Ce haricot à œil noir, je le prépare en sauce, en salade ou beignets.

Avez-vous toujours mangé ce plat ? Oui, beaucoup plus en salade. Au Congo Brazzaville, mon pays d’origine, les jeunes en raffolent. La salade de haricot est souvent dégustée au petit déjeuner (le mets s’intitule kao. )

Quel est votre parcours culinaire ? Je n’ai pas fait d’études dans le domaine. J’y suis arrivée par mimétisme, comme une petite fille qui observe les faits et gestes de sa Mamie dans la cuisine. En réalité, je suis une vraie gourmande. J’ai développée une appétence pour les blogs culinaires en arrivant à l’université (sans doute mon côté littéraire) j’aime bien lire des articles de blogueurs culinaires africains et regarder des vidéos pour m’exercer.

A-t-il plutôt influencé votre façon de manger, ou ce que vous mangez ? En quoi? Le mal du pays a changé ma façon de manger. Il ne se passe pas un jour sans que je ne cuisine un produit de chez moi. La cuisine rompt cette pseudo distance physique entre ma terre natale et moi. Chaque ingrédient a le gout d’un joyeux souvenir sur mes papilles. D’ailleurs, il y a un adage qui l’exprime si bien : « la bonne cuisine, c’est le souvenir ».

Pouvez-vous nous raconter une première fois culinaire (préparation ou dégustation) ? Mon plus lointain souvenir d’une première fois culinaire remonte à l’année de mes treize ans, j’apprenais à préparer du haricot blanc à la sauce tomate et aux tripes. J’avais l’impression d’avoir réussi une épreuve initiatique, j’étais passée du côté des grands, j’avais enfin réussi à préparer un des mets préférés des congolais.

Quel est selon vous l’aliment qui incarne le mieux la mobilité de l’humain de nos jours ? Je pense que ce serait le Fonio. Cette céréale ancestrale africaine est actuellement en train de conquérir plusieurs consommateurs au-delà du continent africain. C’est assurément la céréale de demain !

Quel aliment vous ferait défaut aujourd’hui si vous deviez vous en passer pendant un an ?  Je crois que ce serait l’ail, parce que je l’utilise fréquemment pour parfumer mes plats.

Si on se fiait à vous pour nous recommander un restaurant ? Étant donné que je vis dans le nord de la France, je vais vous parler d’un resto ou projet de resto coup de cœur. Il s’agit des tontons afros, deux jeunes franco camerounais qui ont testé leur projet de restauration aux saveurs africaines sur la métropole lilloise l’année dernière. Ils préparent actuellement les travaux d’aménagement de leur restaurant qui ouvrira bientôt les portes à Lille. Un Projet à suivre de prêt.

Si vous deviez nous présenter un produit et en partager la recette avec nous ? J’ai découvert récemment une limonade de gingembre produite en Normandie. Je prends du plaisir à préparer u e petite boisson rafraîchissante à base de menthe, de citron, miel et de cette limonade. Voici ma recette.

Pour finir, quelques mots sur l’altérité et le « vivre ensemble ». Je me permets de reprendre ces mots de Martin Luther King : »Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons tous mourir ensemble comme des idiots. »

Limonade de Gingembre

Limonade de Gingembre

Ophélie Boudimbou

Kanika dans la cuisine de Mamie, volume 1

Publishroom 6 aout 2019

Illustrations Ama

 

 

 

Ophélie Boudimbou

 

 

Ingrédients:

 

1 tige de menthe

1 bouteille de limonade de gingembre(25cl)

2 cuillères à soupe de miel

Un demi citron

4 carreaux de sucre

1 verre d’eau (pour bouillir la menthe)

4 glaçons

 

 

Préparation : bouillir la menthe dans une casserole. Laisser refroidir puis infuser l’eau à l’aide d’une passoire dans un récipient creux. Incorporer la limonade, ajouter le miel et du sucre. Couper le citron en rondelles puis mélanger le tout. Servir dans un verre avec des glaçons. Décorer le verre avec une rondelle de citron.

 

Rencontre avec Ndèye Aïssatou Mbaye

Rencontre avec Ndèye Aïssatou Mbaye

Crédit photo NM Production         

 

 

 

 

 

Best in the World, GOURMAND World Cookbook Awards 2020
Ndèye Aïssatou Mbaye, Saveurs Subsahariennes
Trésors et recettes d’Afrique de l’Ouest, paru en autoédition le 1er avril 2020
Photographie recettes, Nathalie Merlet

 

 

 

Recette tirée du livre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bonjour Aistou Cuisine, eau plate ou eau gazeuse ?

Eau plate.

 

Quel plat mangez-vous bien volontiers en ce moment ?

En bonne sénégalaise, un bon « thieboudiène » blanc avec sa sauce aux feuilles de bissap.

 

Avez-vous toujours mangé ce plat ?

Oui, c’est l’un de mes plats préférés. Le « thiéboudiène » est indétrônable à mes yeux.

 

Quel est votre parcours culinaire ?

Je suis passionnée de cuisine depuis toute petite. Lorsque je suis arrivée à Paris après mon bac, j’ai commencé à cuisiner énormément pour oublier le mal du pays. J’ai fini par créer un groupe sur facebook pour partager mes recettes avec les autres étudiants. On organisait des événements culinaires comme des pique-niques pour se rencontrer et partager nos petits plats.

En 2015, je crée mon blog aistoucuisine.com, une sorte de pont entre le Sénégal et la France. Aujourd’hui à côté de mon métier de banquière, je suis créatrice de contenus culinaires.

 

A-t-il plutôt influencé votre façon de manger, ou ce que vous mangez ? En quoi?

Oui, un peu. Mon blog est autour des aliments de l’Afrique de l’Ouest et plus précisément du Sénégal. Cela me pousse à faire énormément de recherches sur ses aliments et à les apprécier à leur juste valeur. Par exemple depuis que je sais que le « bouye » (= fruit du baobab) a 6 fois plus de vitamines C que l’orange, j’ai plus tendance à prendre du jus de « bouye » pour mes cures de vitamines C.

 

Pouvez-vous nous raconter une première fois culinaire (préparation ou dégustation) ?

Mon premier cours de cuisine. J’étais super stressée et j’avais peur de rater les plats devant mes élèves. Il fallait cuisiner avec des plaques à induction alors que j’étais habituée au gaz, j’ai passé un long moment à essayer de comprendre comment les allumer. Pour couronner le tout j’avais oublié certains ingrédients en faisant les courses, bref ! l’horreur. Une des élèves m’a même demandé si j’avais l’habitude de donner des cours. Au final tout s’est bien passé.

 

Quel est selon vous l’aliment qui incarne le mieux la mobilité de l’humain de nos jours ?

Le thiéboudienne sans hésiter. Je pense que la cuisine est le miroir de notre société, et ce plat reflète à merveille l’histoire du Sénégal et ses influences. Il est apparu avec la colonisation en se substituant à certains plats ancestraux mais a pu maintenir les techniques traditionnelles de la cuisine sénégalaise. C’est un plat qui s’est adapté aux réalités de l’époque tout en préservant un savoir faire local.

 

Quel aliment vous ferait défaut aujourd’hui si vous deviez vous en passer pendant un an ?

L’ail ou l’oignon, j’en mets partout (sauf dans mes desserts bien sûr), ça va être dur de m’en passer pendant 1 an.

 

Si on se fiait à vous pour nous recommander un restaurant ?

Je ne sors pas beaucoup, mais j’ai de réels coups de cœur pour les nouveaux concepts autour des cuisines africaines telles que New Soul Food ou BMK Paris.

 

Si vous deviez nous présenter un produit et en partager la recette avec nous ?

Le bissap ou calices d’hibiscus, une de mes muses. Je propose une recette du livre : une citronnade de bissap avec ses morceaux de fraises. Et pour la petite info on cultive des fraises au Sénégal.

 

Pour finir, quelques mots sur l’altérité « vivre ensemble »

Il y’a un proverbe africain qui dit : « Tout seul on va plus vite, ensemble, on va plus loin », ça résume parfaitement mon état d’esprit.

Citronnade de bissap à la fraise

Citronnade de bissap à la fraise

Crédit photo Nathalie Merlet

 

 

 

Crédit photo NM Production

 

 

             Best in the World, GOURMAND World Cookbook Awards 2020

             Ndèye Aïssatou Mbaye

             Saveurs Subsahariennes

             Trésors et recettes d’Afrique de l’Ouest, paru en autoédition le 1er avril 2018

              Photographie recettes, Nathalie Merlet

 

 

 

 

 

 

Rencontrer l’auteure

 

 

 

Recette:

Portions : 4 personnes

Préparation : 10 minutes

Cuisson : 5 minutes

Repos : 20 minutes

 

Ingrédients

 

100g de calices de Bissap

1 litre d’eau

100 à 150 g de sucre

1/2 botte de menthe

2 citrons

250g de fraises

2 gouttes d’eau de fleur d’oranger

 

 

Préparation

 

  1. Rincez les calices de bissap.

 

  1. Faites bouillir 1/2L d’eau puis verser sur le bissap.

 

  1. Ajoutez les feuilles de menthe, couvrez puis laissez refroidir et infuser.

 

  1. Au bout de 20 minutes, filtrez l’infusion obtenue, diluez avec 1/2 litre d’eau, ajoutez le sucre puis mélangez.

 

  1. Pressez le jus des deux citrons puis l’ajoutez à l’infusion

 

  1. Goûtez et rectifiez éventuellement en ajoutant un peu d’eau ou du sucre

 

  1. Lavez les fraises, équeutez puis découpez-les. Ajoutez les fraises à la préparation.

 

  1. Mettez le tout au frais au moins une heure avant de servir.

 

  1. Servir avec des glaçons.

 

 

 

 

 

 

Rencontre avec Anaïs Delon

Rencontre avec Anaïs Delon

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

crédit Prix Antonin Carême

 

 

Huîtres,  Anaïs Delon, Hachette Cuisine octobre 2019

Prix spécial du Jury Pierre-Christian Taittinger 2019

Recette extraite de Huîtres d’Anaïs Delon

Cette recette est de Valéry Drouet, stylisme culinaire: Valéry Drouet, photographies : Emanuela Cino

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Anaïs Delon

crédit @AnnabelleSchachmes 

 

 

 

 

Bonjour Anaïs Delon, eau plate ou eau gazeuse ?

EAU PLATE, le plus souvent !

 

 

Quel plat  mangez-vous bien volontiers en ce moment ?

DES SUPER PATES A LA TOMATE, avec les conserves de l’été : on se régale de ces saveurs chaudes même en hiver !

Sinon une bonne soupe de potimaron et oignons avec une pointe de crème.

 

 

 

Avez-vous toujours mangé ce plat ?

OUI, j’adore la cuisine italienne et … les légumes de saison 😉

 

 

 

Quel est votre parcours culinaire ?

J’ai toujours été attirée par la cuisine. Tant par les couleurs, les odeurs, les saveurs. Ma Maman cuisine de manière simple mais avec tous les produits du monde et toutes les épices…. Je n’ai pas de formation culinaire mais j’adore cuisiner à la maison et mon compagnon est Chef ! J’ai eu la chance de démarrer un parcours professionnel auprès de grands chefs à Paris puis à Valence dans la Drôme et de fréquenter de nombreux établissement et de rencontrer de nombreux producteurs passionnants. J’apprends quelques techniques à chaque fois que je passe 2 heures en cuisine avec un chef… même si je suis plus habile avec un clavier d’ordinateur et un téléphone…!!

 

 

 

A-t-il plutôt  influencé votre façon de manger, ou ce que vous mangez ? En quoi?

Oui, car j’apprécie aller à la découverte de nouveaux produits et j’aime tout en fait …;) Je ne suis pas difficile.

 

 

 

Pouvez-vous nous raconter une première fois culinaire (préparation ou dégustation) ?

Une anecdote pas très glorieuse alors que je devais avoir 17 ans je reçois des amis à la maison et leur prépare quelques pommes de terres sautées à l’ail et au persil… et j’ai… disons oublié quelques minutes de cuisson.. les pommes de terres étaient trop croquantes et je me suis rendue ridicule devant mes amis ;( Sinon je pense que je fais de très bonnes soupes et de très bonnes lasagnes !

 

 

 

Quel est selon vous  l’aliment qui incarne le mieux la mobilité de l’humain de nos jours?

Les épices et les herbes aromatiques. Elles sont le ciment de toutes les cuisines du monde, tantôt dans les jardins français avec le persil ou l’estragon tantôt du bout du monde avec la coriandre vietnamienne ou les épices Cajun !

Mais je dois reparler des pâtes encore : présentes un peu partout dans le monde sous des formes différentes elles sont aussi un ciment de la cuisine familiale et simple.

 

 

 

Quel aliment vous ferait défaut aujourd’hui si vous deviez vous en passer pendant un an ? 

Heu… les pâtes ! Qu’elles soient françaises, italiennes ou asiatiques.. J’adore les Udon et les ramen !

 

 

 

Si on se fiait à vous pour nous recommander un restaurant ?

Un seul : défi impossible. Je pense à mes amis en premier : Denny Imbroisi pour sa cuisine italienne, Amandine Chaignot pour sa cuisine de partage généreuse et gourmande et… Hélène Darroze pour une table plus gastronomique. Et la pâtisserie Bontemps dans le Marais pour les gâteaux les meilleurs de Paris je pense 😉

 

 

 

Si vous deviez nous présenter un produit et en partager la recette avec nous ?

Les huîtres ! Dans leur plus simple appareil juste fraiches sorties de la bourriche … et sinon un gratin d’endives au jambon et béchamel : de saison et rassurant !

 

 

 

Pour finir, quelques mots sur l’altérité et  le « vivre ensemble »

 

Essentielle : la table. Je préfère offrir des moments de convivialité autour de moi avec une bonne adresse, une bonne gourmandise et un bon verre de vin. Je pourrai dépenser tout mon argent pour ce moment autour de la bonne bouffe. Le partage avec l’autre autour des plaisirs gourmands est essentiel. C’est aussi le message du Livre Meet My Mama que j’ai réalisé pour Hachette Cuisine avec la complicité des fondateurs de Meet My Mama. Vivons gourmands et gourmets !

 

Huîtres grillées au lard de colonnata…

Huîtres grillées au lard de colonnata…

Recette extraite de Huîtres d’Anaïs Delon

Hachette Cuisine, octobre 2019

Prix spécial du Jury Pierre-Christian Taittinger 2019

Recette de Valéry Drouet

Stylisme culinaire de Valéry Drouet, photographies d’Emanuela Cino

Rencontrer l’auteure

 

 

…Crème de cresson

 

 

 

 

    

crédit Prix Antonin Carême 

 

Huîtres,  Anaïs Delon, Hachette Cuisine octobre 2019

Prix spécial du Jury Pierre-Christian Taittinger 2019

 

 

 

 

 

Recette chaude

 

Huîtres grillées au lard de colonnata, crème de cresson

Pour : 4 personnes Temps de préparation : 30 min Temps de cuisson : 30 min

 

 

 

  • 16 huîtres n° 2
  • 16 tranches fines de lard de colonnata
  • 1 pomme de terre moyenne
  • 1 botte de cresson
  • 2 échalotes
  • Le jus de ½ citron
  • 1 cuil. à café de sucre
  • 2 cuil. à soupe de crème fraîche épaisse
  • 1 cuil. à soupe d’huile d’olive
  • 20 g de beurre
  • 30 g de noisettes
  • Sel, piment d’Espelette

 

 

1-  Épluchez, lavez et coupez la pomme de terre en petits cubes. Coupez la base des tiges du cresson, lavez-le. Épluchez et hachez les échalotes.

 

 

2-  Faites fondre les échalotes 2 min dans une casserole avec le beurre sur feu doux. Ajoutez le cresson, les cubes de pomme de terre, le jus de citron, le sucre, du sel et 2 pincées de piment d’Espelette. Versez 1 l d’eau dans la casserole, portez à ébullition, faites cuire 20 min à feu doux. Ajoutez la crème et mixez le cresson pour obtenir un velouté onctueux.

 

 

3-  Ouvrez les huîtres et retirez-les délicatement de leur coquille, mettez-les dans une casserole avec leur jus. Faites chauffer doucement quelques secondes sans faire bouillir. Égouttez les huîtres sur du papier absorbant, roulez-les chacune dans une tranche de lard.

 

 

4 – Faites torréfier les noisettes 3 min dans une poêle sans matière grasse, laissez-les refroidir et concassez-les grossièrement.

 

 

5 – Au dernier moment, faites dorer les huîtres au lard 2 à 3 min dans une poêle à feu moyen avec l’huile d’olive. Versez la crème de cresson bien chaude dans des bols, déposez les huîtres dessus, parsemez de noisettes et dégustez.

 

 

 

 

Rencontre avec Kamal Mouzawak

Rencontre avec Kamal Mouzawak

Manger LIBANAIS, Kamal Mouzawak

Marabout, 2017

 

 

 

 

 

 

 

 

Recette tirée du livre:

Le taboulé Mouzawak

 

 

 

 

 

Bonjour Kamal Mouzawak, eau plate ou eau gazeuse ?

J’aime les bulles – ou de préférence une source – une eau qui sort de terre, toute fraîche.

 

Quel plat  mangez-vous bien volontiers en ce moment ?

Un mouloukhyieh … c’est la saison. Il s’agit d’une herbe verte qu’on cuisine en ragoût quand c’est la saison.

 

Avez-vous toujours mangé ce plat ?

Non,  je le détestais quand j’étais enfant.

 

Quel est votre parcours culinaire ?

Aucun … la vraie vie – une maman, une grand-mère et des tantes … qui nous aimaient en nous nourrissant, et des hommes qui tiraient le meilleur de la terre et des jardins

 

A-t-il plutôt  influencé votre façon de manger, ou ce que vous mangez ? En quoi?

Bien sur – je ne vois que la tradition dans la cuisine.

 

Pouvez-vous nous raconter une première fois culinaire (préparation ou dégustation) ?

La métamorphose m’a toujours passionné – comment est-ce qu’on peut mettre des ingrédients ensemble et en sortir autre chose! Donc pour moi, enfant de 6 ans peut-être, il fallait un œuf, un peu de sucre, de farine, une boite vide de thon (en guise de moule) et mettre tout cela sur le feu (le bec a gaz) … ça a brûlé et ne s’est pas métamorphosé en gâteau!  Je n’ai jamais compris pourquoi?

 

Quel est selon vous  l’aliment qui incarne le mieux la mobilité de l’humain de nos jours?

La mobilité c‘est d’un côté et de l’autre – le produit étranger (et l’étranger) que nous recevons – et l’étranger que nous sommes ailleurs et notre produit que nous prenons avec nous – double sens !

 

Quel aliment vous ferait défaut aujourd’hui si vous deviez vous en passer pendant un an ?

Le persil pour un « tabouleh ». Recette dans le livre en page 152.

 

Si on se fiait à vous pour nous recommander un restaurant ?

Simple – sincère et et authentique … « no fuss » !

 

Si vous deviez nous présenter un produit et en partager la recette avec nous ?

Le persil d’un tabouleh ! (UN MEZZE ).

 

Pour finir, quelques mots sur l’altérité et  le « vivre ensemble »

La cuisine est l’expression la plus sincère et la plus authentique d’une tradition, d’un peuple et de ses racines – et c’est une expression inclusive – on partage la cuisine avec les autres.

 

 

 

 

 

 

 

Kamal Mouzawak

Crédit Redbull Amaphiko – Philipp Benedikt

 

Le taboulé de Kamal Mouzawak

Le taboulé de Kamal Mouzawak

 

 

 

RECETTE tirée du livre Manger Libanais

Kamal Mouzawak, Marabout, 2017

 

 

 

 

 

Rencontrer l’auteur:

Rencontre avec Kamal Mouzawak

 

 

 

 

 

 

 

TABOULÉ

TABBOULEH

POUR 6 PERSONNES

PRÉPARATION : 20 MINUTES

CUISSON : 2 MINUTES

 

5 BOTTES DE PERSIL

3 BRINS DE MENTHE

3 OIGNONS VERTS

3 TOMATES

1 CUILL. À SOUPE DE BOULGHOUR FIN

LE JUS DE 2 CITRONS

5 CUILL. À SOUPE D’HUILE D’OLIVE

SEL ET POIVRE

LAITUE ROMAINE OU CHOU BLANC

 

Trier le persil et en former des bottes. Effeuiller la menthe.

Nettoyer les oignons verts. Laver le tout ainsi

que les tomates et laisser sécher.

Couper les tomates en petits dés. Ajouter le boulghour

et mélanger, il va absorber le jus de tomate.

Hacher le persil fin, puis la menthe (garder celle-ci sous

le persil haché pour lui éviter de s’oxyder), et les oignons

verts. Frotter les oignons verts de sel et de poivre.

Garder au frais et ne mélanger qu’au moment de servir.

Mélanger bien tous les ingrédients, ajouter le jus de citron

et l’huile d’olive. Rectifier l’assaisonnement et servir bien frais

avec des feuilles de romaine ou du chou blanc tendre et craquant.

 

 

 

 

 

Rencontre avec Lila Djeddi

Rencontre avec Lila Djeddi

Cantine vagabonde, Manifeste pour une cuisine engagée

Lila Djeddi, Tana octobre 2019

 

 

 

 

Recette tirée du livre:

La soupe de Lila Djeddi

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lila Djeddi, crédit Stéphane Pivron

 

 

 

Bonjour Lila Djeddi, eau plate ou eau gazeuse ?

Plate, pour le calme intérieur que cela me procure,

Gazeuse et glacée, pour retrouver de l’énergie quand je suis épuisée.

 

Quel plat mangez-vous bien volontiers en ce moment ?

Les derniers fruits d’été cuits 5 minutes à la vapeur, magique !

 

Avez-vous toujours mangé ce plat ?

Depuis que je mange beaucoup moins de sucre, j’opte souvent pour cette friandise.

 

Quel est votre parcours culinaire ?

Je suis autodidacte et partisane de la cuisine intuitive. Enfant, je me revois dans le potager d’une amie, cueillette de crosnes, de carottes et de rhubarbe, ma première révélation de la terre à l’assiette… Beaucoup plus tard, jeune adulte, j’ai eu une belle expérience de cuisine, à Londres. J’y ai vécu un an et demi lorsque j’avais 20 ans, j’étais cuisinière dans un pub. Autonome et curieuse, j’ai beaucoup appris dans un grand vent de liberté, il y avait un petit maraîcher près du pub où je faisais mes courses le matin.

De retour à Paris, l’idée de vivre de la cuisine m’effleure mais je ne me lance pas, je n’ose pas, et puis le CAP de cuisine était impossible pour moi, je ne veux cuisiner ni viande, ni  poisson.

 

A-t-il plutôt influencé votre façon de manger, ou ce que vous mangez ? En quoi?

Enfant, j’ai découvert le potager, connexion à la terre que je porte depuis. Durant mon long séjour à Londres, j’ai eu de grandes émotions avec la cuisine indienne,  parfumée à souhait, fraîche et absolument délicieuse.

 La fusion food et la cuisine végétarienne bien sûr dont je ne me lasse pas, rencontre heureuse, une révélation de saveurs, de couleurs et d’ouverture d’esprit, tellement de possibles…

Mes repas racontent souvent une histoire, une culture, une réflexion, l’exigence d’un produit simple, de qualité, rien d’extravagant mais le soin que l’on porte au produit est le point de départ d’une bonne régalade.

 

Pouvez-vous nous raconter une première fois culinaire (préparation ou dégustation) ?

Enfant, la tarte à la rhubarbe chez une amie. Quelle explosion cette acidité, la douceur du compotage du fruit adouci par le sucre, le petit goût beurré de la pâte, tellement flatteur au palais, je m’en souviens encore…

 

Quel est selon vous  l’aliment qui incarne le mieux la mobilité de l’humain de nos jours?

La céréale ou la légumineuse que nous retrouvons dans bien des cultures et sur beaucoup de tables.

 

Quel aliment vous ferait défaut aujourd’hui si vous deviez vous en passer pendant un an ?

Les agrumes, avocats et mangues de chez Galinne Felici, un groupement d’achat solidaire. Je suis émue à chaque rentrée car je sais qu’ils vont nous accompagner pour notre plus grand plaisir durant l’automne et l’hiver.

L’ail bien sûr, j’en utilise quotidiennement, il a l’art de sublimer tous les légumes de saison, les céréales et les légumineuses, le point de départ d’une belle assiette simplissime mais ô combien goûteuse.

 

Si on se fiait à vous pour nous recommander un restaurant?

Soul kitchen, une petite cantine du 18e que je connais depuis des années, je me régale toujours d’une carte courte sans prétention et savoureuse. En revanche, je n’ai jamais testé les desserts, je ne suis pas très dessert lors d’un repas, je préfère de loin patienter jusqu’au goûter si goûter il y a.

 

 

Si vous deviez nous présenter un produit et en partager la recette avec nous?

J’adore les légumineuses et les légumes, particulièrement en soupe complète quand l’automne et la fraîcheur du soir s’installent.

La soupe copieuse et généreuse de haricots secs, huile aux herbes, œuf poché.

 

Pour finir, quelques mots sur l’altérité et le « vivre ensemble »

Peut-être d’arriver à se compléter et s’enrichir en dépit de nos différences…

 

 

 

La soupe de Lila Djeddi

La soupe de Lila Djeddi

crédit Christl Exelmans

 

 

 

 

 

 

Cantine vagabonde

Manifeste pour une petite cuisine engagée

Lila Djeddi, Tana éditions, octobre 2019

 

 

 

 

 

Rencontrer l’auteure:

Rencontre avec Lila Djeddi

 

 

 

 

 

 

 

SOUPE COPIEUSE ET GÉNÉREUSE DE HARICOTS SECS, HUILE AUX HERBES, ŒUF POCHÉ

 

 

Préparation : 20 minutes • Cuisson : 1 heure • Ingrédients pour 4 convives : 200 g d’un mélange de haricots secs • 500 g de légumes au choix (carottes, navets céleri, butternut, dernières courgettes) • 4 cuillerées à soupe de vin blanc • 1 oignon • 3 gousses d’ail • 1 cuillerée à soupe de ras al-hanout • 2 cuillerées à soupe d’huile d’olive • quelques brins de coriandre et de persil • Pour l’huile aux herbes : 4 cuillerées à soupe d’huile d’olive • 1 gousse d’ail • quelques brins de coriandre et de persil • 10 baies roses • sel, poivre • Pour les œufs pochés : 4 œufs • 2 cuillerées à soupe de vinaigre

 

 

Trempette une nuit pour les haricots… Le lendemain, je commence par couper tous les légumes en petite brunoise régulière, j’émince l’oignon finement et j’écrase les gousses d’ail.

 

Dans un faitout, je fais chauffer 2 cuillerées à soupe d’huile d’olive. J’y fais colorer l’oignon et l’ail, puis je déglace avec le vin blanc et je mélange bien pour décoller les sucs de cuisson. J’ai déjà hâte de m’attabler…

 

Je rince les haricots, puis je les dépose dans le faitout, j’ajoute le ras al-hanout et je mélange. Je complète avec de l’eau (deux fois le volume des haricots), je couvre et je laisse mijoter 25 minutes. Ensuite, j’ajoute tous les légumes ; 20 minutes de plus suffiront à cuire parfaitement cette soupe délicieuse.

 

Je porte à ébullition une casserole d’eau non salée dans laquelle j’ajoute 2 cuillerées à soupe de vinaigre. Je casse les œufs individuellement dans des petits bols. Je fais tourbillonner l’eau à l’aide d’un couteau, puis je dépose un à un les œufs au cœur de cette minitempête culinaire. Les œufs pochés vont prendre forme au rythme du mouvement de l’eau.

 

 

Je les laisse cuire 2 minutes, puis je les égoutte.

 

 

Dans un récipient qui ira sur la table, je verse l’huile d’olive et j’ajoute les herbes fraîches ciselées, l’ail, pelé et haché, le sel, le poivre et les baies roses. Je choisis des bols, que je remplis généreusement. J’ajoute un œuf poché dans chacun et j’arrose copieusement le tout d’huile aux herbes, les baies roses ressortant comme de précieuses perles de couleur.