Sur les planches

 

 

Cuisine et dépendances

 

 

 

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La comédie mythique créée au début des années 90 puis adaptée au cinéma est de retour au théâtre. La pièce : Jacques et Martine, un couple de bourgeois, invitent à dîner deux amis perdus de vue depuis dix ans : un écrivain et journaliste à succès, et sa femme.

De Jean-Pierre Bacri et Agnès Jaoui, mis en scène par Agnès Jaoui, avec Léa Drucker, Grégory Gadebois, Laurent Capelluto, Jean-Baptiste Marcenac, Nina Meurisse.

Théâtre de la Porte Saint Martin, Paris du samedi 14 janvier au samedi 22 avril 2017.

 

 

La cuisine d’Elvis

 

 

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Crédit illustration Stéphane Trapier

 

Texte Lee Hall – Mise en scène Pierre Maillet – Avec Pierre Maillet

 

Ceci n’est pas un huis clos!

Drame social réunissant quatre personnages dans un lieu clos. L’espace scénique est formé d’une cuisine en avant-plan et d’un salon, installé sur un plateau central supporté par des tréteaux ; escaliers et élévateur réunissent les lieux de représentation.

Dad, réduit à l’état de légume, est le personnage principal. Sa femme Mam, nymphomane anorexique et sa fille Jill, défoncée de la préparation culinaire, se déchirent. Stuart est pâtissier, il est introduit par la mère dans le trio familial. Amant de la mère, il devient au fil de la pièce le séducteur de la fille. Le noir comprenant quelques moments musicaux fulgurants assure la transition entre ces 23 scènes de la vie familiale. Sortant alors de sa léthargie, Dad renaît sous les traits d’Elvis Presley et donne vie à des chansons cultes des années 50. Le sexe est le moteur de l’action. Les scènes entre mère et fille, mère et amant puis fille et amant s’enchaînent. La nourriture devrait être l’occasion de rencontrer l’autre… La fille prépare des repas que la mère ne mange pas. Les repas sont des moments d’engueulades entre mère, fille et amant jusqu’au départ – à l’expulsion – de ce dernier. La mère et la fille se réconcilient le temps du repas de la scène finale.

La cuisine d’Elvis, pièce de théâtre de Lee Hall, dirigé et joué dans le rôle principal par Pierre Maillet, est un spectacle musical d’une grande justesse de ton où texte et musique forment une belle unité.

 

En  2017 au Théâtre de Nîmes.

 

 

 

 

 

Une légère blessure

 

 

 

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Crédit illustration Stéphane Trapier

 

 

Texte Laurent Mauvignier  – Mise en scène Othello Vilgard – Avec Johanna Nizard

 

Les prémices de la préparation d’un repas de famille.

 

Nous voici dans l’attente, face à un décor légèrement éclairé qui se dévoile distinctement : sur notre gauche une table, sur notre droite un ensemble de chaises entourant une desserte garnie de nourriture, au fond, des vêtements suspendus à un portant, un miroir et un luminaire sur pieds.

Johanna Nizard entre en scène avec énergie et retenue.  L’atmosphère se tend, en quelques secondes la voilà déshabillée, en dessous,  mise à nue face au miroir orienté vers le public. Nous voici embarqués, presque de force pour un voyage dans son intimité.

Le principe narratif est efficace : l’actrice s’apprête à recevoir sa famille à manger, elle est aidée par une « invisible femme à tout faire »  qu’elle prend à partie en permanence. La force de la mise en scène est de positionner imaginairement  «cette servante absente » au milieu des spectateurs. A chaque fois que l’héroïne l’alpague, l’interroge, c’est nous public qui sommes remués par les questions, la violence, le désespoir et le rire.

Et le monologue se poursuit. Laurent Mauvignier, construit son texte étape par étape, comme une recette complexe et subtile. Dans ses romans, le principe est souvent d’explorer les vies de personnages que le destin réunira dans un final tragique. On connaît la fin mais le fil du récit finit par nous la faire oublier (comme l’acte de vivre au quotidien nous fait souvent refouler l’idée de notre propre mort).

Ici le théâtre propose une variation méthodologique : on ne sait pas de quel ordre sera « la légère blessure » ( si on n’a pas lu le livre avant) et les personnages convoqués sont ceux des diverses facettes de l’héroïne. Nous sommes au milieu de ses fantômes, de ses fantasmes, des ses désirs et de sa multitude.

Le prétexte du repas est crucial  et pose une certitude : le personnage de Johanna Nizard va se mettre à table.  « Recevoir » est un acte de partage avec toute l’ambivalence que cela peut engendrer. Avec qui va-t-on manger ? Quels seront les plats ? Qui les aura fabriqués ? Que va-t-on « déguster » ? Autant de questionnements autour desquels le récit tourne et rumine jusqu’à la confidence.

Et ce  « petit pâté en croûte » dont la matérialité presque brutale tranche avec l’abstraction du repas final ? L’actrice le mange activement sous nos yeux, diffusant son odeur jusque dans la salle. Nous assistons à la mastication de ce morceau choisi de charcuterie,  nous rapprochant  un peu plus de l’intériorité de cette bouche qui bientôt nous livrera un secret dont les possibles contours « cochons »  s’esquissent doucement.

Un  spectacle dense, dont on sort retourné. À ne pas manquer.

 

En 2017 à Toulouse  au théâtre Garonne.

 

 

 

 

Un air de famille

 

 

AFFICHE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La comédie mythique créée au début des années 90 puis adaptée au cinéma est de retour au théâtre. La pièce : Comme tous les vendredis soirs, les Ménard se réunissent au « Père Tranquille ». Ce soir-là, on fête l’anniversaire de « yoyo » la belle fille. Pendant le repas, la mère, sa fille Betty et ses deux fils Henri et Philippe décident de régler leurs comptes. Les secrets de chacun éclatent au grand jour. Et quand Denis, le garçon de café, décide de s’en mêler, un nouvel ordre familial se profile.

De Jean-Pierre Bacri et Agnès Jaoui, mis en scène par Agnès Jaoui, avec Léa Drucker, Gregory Gadebois, Nina Meurisse, Catherine Hiegel, Laurent Capelluto, Jean-Baptiste Marcenac.

Théâtre de la Porte Saint Martin, Paris du samedi 14 janvier au samedi 22 avril 2017.